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Les pleurs de la pierre (PV Pyreinth)

 
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Telendis
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MessagePosté le: Mar 12 Avr - 04:45 (2011)    Sujet du message: Les pleurs de la pierre (PV Pyreinth) Répondre en citant

Chère Aleria,

La première émotion qui m'assaille quand je cotoie les habitants de ce monde désolé est le mépris, c'est celle qui, j'en suis persuadé, vous viendrait également si seulement vous aviez la chance - chance douteuse je vous l'accorde - de pouvoir être à mes côtés en Estelam. Pourtant une autre émotion est en train de se hisser au côté de mon dédain, l'incompréhension. Après déjà un certain temps passé dans ce monde désertique et dans cette cité d'un goût outrancier, je ne puis guère que vous avouer que je suis incapable de les comprendre. Je ne parle pas là des fées amenées en ce monde par de pathétiques subterfuges que n'importe quel enfant alashiir maîtriserait aisément sans pour autant avoir l'incorrection de les utiliser. Je parle des races naturelles d'Estelam. Comment coucher mon sentiment sur ce manuscrit - de piètre qualité comme tout ce qui se fait céans - pour être clair ? J'ai l'impression de contempler des insectes, non pas à cause de leur puissance individuelle, pourtant très faible.

Mais bien plutôt à cause de leur vie qui n'a aucun sens. En effet, leur durée de vie est ridiculement faible, à peine un siècle, et ils sont, de toute façon, condamnés à mourir. Concept abominable n'est il pas vrai ? Pour tout alashiir la mort n'est qu'une éventualité tragique qui ne pourrait survenir qu'en cas de conflit ou d'accident. Pour eux c'est une chose absolument quotidienne, qui semble être naturelle, aller de soi. Comment comprendre alors qu'ils ne désespérent pas, que tous ne soient pas dans les rues, en larme, à atteindre leur fin, comment comprendre qu'ils procréent ? Quoique pour cette dernière question la réponse est en fait assez évidente, ils espérent trouver une sorte d'immortalité à travers leur progéniture.

Pourtant cette mort programmée et inéluctable signifie que tout ce qu'ils accompliront n'ira jamais à son terme et que tout ce qu'ils peuvent désirer prendra fin, qu'ils verront les êtres chers à leur coeur mourir ou qu'eux même blesseront autrui par leur mort. Leur mort de vieillesse. J'ai eu tant de peine à comprendre ce concept, de vieillesse. C'est si absurde. Et aucun ne se révolte contre cette fatalité. Alors que la magie constitue la solution à tous les problèmes et qu'ils pourraient sans nul doute, avec de la volonté et de l'intelligence, trouver ensemble une solution à leurs problèmes, ils préférent invoquer des fées. Si je vous dis cela c'est qu'aujourd'hui j'ai vu une vieille humaine, une mendiante, mourir dans les bas quartiers. Sans qu'aucun d'eux, je veux dire aucun autre humain, ne soit choqué de cette mort vaine, sans réalité. Pouvez vous imaginer cela ? Quoiqu'il en soit je désirerais aussi vous entretenir de...


Des coups frappés à la porte. Telendis rangea précipitement les parchemins dans un compartiment secret de son bureau et remit le nécessaire d'écriture à sa place. Il se leva lentement et vérifia sa mise dans le miroir qui se trouvait encastré dans le mur nord de la pièce. Pièce aménagée de façon plutôt confortable, avec plusieurs canapés, une cheminée, un grand bureau de bois précieux, des tapis et des gravures stylisées au mur ainsi qu'un beau plafond aux poutres rustiques. Enfin bien sûr tout cela était élégant selon les critères d'Estelam. L'alashiir exilé eut une moue en voyant son reflet dans le miroir. Son trouble - à chaque fois qu'il écrivait un peu de ce journal intime, de cette illusion de conversation avec son amour défunt, il ressentait une puissante mélancolie - ne se voyait pas mais, comme à chaque fois, il ne pouvait s'empêcher d'être critique sur les vêtements qu'on lui fournissait dans ce monde.

Là encore ils étaient luxueux, pour peu que l'on adhère aux critères très discutables du goût des natifs. Une belle tunique noir liserée d'argent, un pantalon du même style et des chausses faites avec la peau d'un animal sauvage rare. Une longue cape d'un élégant gris anthracite, avec une doublure épaisse et rouge sombre, dissimulait toutefois les habits susdits aux regards et rendait ses mouvements plus difficiles à déchiffrer. Ses longs cheveux d'un blond étincellant encadraient le fermoir de la cape, en or, qui représentait un fauve en train de bondir. Il était vraiment très charmeur et séduisant selon tous les avis qu'un natif pourrait émettre. Très agaçant. Il se dirigea, dans un bruissement de cape, vers la porte du bureau, qu'on ouvrit respectueusement à son approche. Inutile de dire que Telendis ne jeta pas un regard à ce qui n'était qu'un de ses nombreux domestiques, offert par il ne savait quel membre de la Loge.

Il traversa le rez de chaussée et sortit de la maison louée pour la semaine, à la périphérie du Dédale. Deux des dix hommes en faction ou en patrouille devant la maison lui emboitèrent le pas. Ils étaient vêtus eux aussi de cape, mais nettement moins élégantes, et leur démarche trahissait le port d'une cotte de maille. Par ailleurs, le vent qui faisait voleter les capes laissaient parfois entrevoir le fourreau d'une épée pour l'un et d'une masse d'arme pour l'autre. Ils étaient les gardes du corps de Telendis, là encore affrétés par l'un des nobles de la Loge. Tandis qu'ils s'avançaient dans les rues, d'aucuns s'écartaient sur leur passage, les dames murmurant sur ce bel homme, important puisqu'escorté. Certains, peut être, le reconnaissait. Après tout Telendis était le conseiller de nombreux nobles très influents. En quelles matières peu pouvaient le dire, et aucun ne se risquerait à faire des suppositions au grand jour, mais tous savaient que l'influence de l'étrange personnage dépassait de beaucoup celle d'un simple conseiller en affaires.

Toutefois les rues étaient étonnamment désertes sous ce beau soleil de midi qui, inutile de le dire, convenait parfaitement à Telendis le lumineux. Ce manque de fréquentation des ruelles était tout à fait dans la nature de l'endroit. En pleine déliquescence. C'était d'ailleurs malheureux. Selon le prince alasahiir en exil, cet endroit aux multiples fontaines avait dû, autrefois, être presque digne d'un quartier populaire de son monde où tout n'était que magie et art. Et pourtant, en cette ère avancée du monde, les fontaines étaient taries, l'eau et le vin ne coulaient plus, le blanc se marbrait et se veinait d'une navrante façon. L'âge, le manque d'entretien, le déclin des connaissances. L'espérance de vie réduite des natifs. Quelles tristes visions. Telendis ne plaignait pas les natifs non, il les méprisait plus que jamais quand il voyait leur négligeance et leur paresse, il plaignait les murs, les fontaines, le sol, il plaignait l'âme de ces lieux morte depuis longtemps.

Ses deux gardes du corps - ou plutôt ses deux humains qui pouvaient faire office de chair à canon, puisque si lui ne pouvait triompher par sa magie, eux n'y arriveraient pas davantage - n'étaient guère sensible à la tragédie des pierres. Ils avaient des visages frustres et burinés. L'alashiir retint un soupir. Les guerriers, voilà une caste qui n'existait plus depuis des centaines de milliers d'années dans son monde natal, sauf si l'on comptait les guerriers mages qui se servaient d'artefacts invoqués. Quoiqu'il en soit ils étaient arrivés.
Arrivés dans une petite buvette qui se trouvait au fin fond d'un embranchement perdu du Dédale. Fréquenté par une poignée de rêveurs mélancoliques. L'enseigne représentait une belle femme aux yeux fermés à l'expression, selon Telendis, plutôt sinistre, et tout ici reflétait une grandeur passée. Les tables et les chaises étaient d'un curieux bois rosé. Il s'assit en terasse, le plus loin possible des autres clients, ses deux humains de compagnie plantés derrière lui comme deux arbustes particulièrement laids. Telendis commanda un simple verre de vin chaud et se mit à patienter, le temps que la mercenaire de haut vol que ses contacts avaient dirigé vers lui daigne arriver. Pendant qu'il attendait, sa main droite jouait avec un étrange médaillon de bronze sans valeur apparente qui luisait étrangement au soleil.
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MessagePosté le: Mar 12 Avr - 04:45 (2011)    Sujet du message: Publicité

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MessagePosté le: Mer 13 Avr - 20:45 (2011)    Sujet du message: Les pleurs de la pierre (PV Pyreinth) Répondre en citant

Le temps filait doucement, comme l'eau claire d'une fontaine ou l'argent d'une courtisane durant une partie de cartes. Les temps étaient relativement calmes pour les affaires de tous poils. Pourtant, cela ruait se leurrer que dire que rien n'avait changé. Un observateur avisé aurait remarqué la décrépitude qui envahissait la malheureuse fontaine abandonnée et la vérole ronger le corps jadis gracieux de la courtisane.

Pyreinth s'était vue chargée d'une nouvelle mission : tenir à l'œil les agissements du Dirigeant Di'Lucän. Mission qui n'avait rien de déplaisant quand elle désirait déjà le faire à son compte. Mais que Messawa lui demande ce nouveau service - payé, cela va sans dire - la poussait à s'inquiéter davantage. Ses craintes seraient-elles fondées ? Cet androgyne noble et inconnu était-il réellement une menace ? Si Messawa se jugeait suffisamment en danger pour lui demander de l'espionner, c'était qu'il avait de bonnes raisons. Et la jeune femme n'aurait osé contredire son instinct qui, même sans l'intervention de son protecteur protégé par ses soins attentifs et fortement bénéfiques pour sa bourse, la poussait dans l'urgence à se méfier cet aristocrate sortant subitement de l'ombre. Pyreinth ne se sentait pas particulièrement l'âme patriotique mais son avenir dépendait du sort politique qu'on réservait aux Fées et plus encore à celles qui résidaient temporairement dans la Cité. Politique... Ce mot lui laissait un goût amer sur le langue à chaque fois qu'elle ne prononçait. Même le penser était une source de mépris pour elle. La politique ? C'est rien que du blabla ! Paroles volages sans queues ni têtes ! Les lois de la Cité n'étaient respectées qu'en façade, pour faire bonne figure face aux "barbares" des oasis et des caravanes, ainsi qu'aux communautés retranchées de Fées refusant l'attrait de la vie citadine. Mais il suffisait de soulever un caillou dans les Bas-Quartiers pour voir détaler des créatures féériques de tous horizons. Le même schéma se répétait dans les Hautes Sphères, avec plus de panache, car sous chaque trésor de recelait les étals se cachaient parfois un esclave natif de Faërie.

La courtisane exhibait ses charmes sans daigner ouvrir ses cuisses gangrénées au premier venu : les étrangers ne voyaient que  la Cité voulait bien montrer. Pour l'Alfar qui y résidait depuis sa naissance - plus ou moins régulièrement, ses secrets volés au détour d'un soupir, d'un cri, d'un rire ou d'une larme ne lui échappaient plus. Elle était membre de la Cité, engloutie depuis longtemps déjà par la mirifique Dévoreuse. Pierre ivre de liberté d'une citadelle en perdition constante.

La mercenaire avait revêtu son masque pour cette nouvelle sortie. Point de costume d'espionne ou de garde du corps cette fois-ci, seulement celui habituel, quotidien, unique, du Renard. Un message lui était parvenu au palais, où Messawa la logeait, la nourrissait et la payait dans le plus grand secret - en compagnie de son amie d'enfance Anthelme et une autre Fée, la bizarre-là... Des contacts en ville lui signalait qu'un riche et respecté conseiller désirait ses services. Une occasion à ne pas manquer ! Pyreinth ne crachait jamais sur un bonus, fut-il éphémère et de moindre importance. Toutefois, la mention de "conseiller de nobles" lui hérissa le poil, si j'ose dire. Quel était donc cet énergumène qui voulait se payer une mercenaire ? Un truc interdit ? Un piège des Iladys, peut-être de cette harpie détrônée nommée Kalian qu'elle rêvait de pouvoir étrangler de ses mains pour ce qu'elle lui avait fait ? Les yeux d'or de la belle au coeur noircis tombèrent sur la marque encore légèrement rougie sur son avant-bras droit, laissée par un bracelet obscur et le parchemin se froissa impitoyablement dans ses mains fines et habiles. Plutôt crever que de revivre cet esclavage de l'esprit. Plutôt crever !

Les puissants de ce monde oublient souvent qu'ils doivent tout au peuple. Le Renard le ferait savoir à ce client, un rappel non-négligeable à son sens. Quand elle déboucha dans les Dédales de la Morte-Fontaine - jolie nom qui allait à merveille à l'endroit délaissé, après avoir quitté son nid douillet au palais - non sans avoir craché sur une affiche d'annonce des élections montrant le détestable minois de cet orfèvre et fils de chacal (devinez qui c'est), ce fut pour reconnaître sans peine l'objet de sa venue, en retrait des autres clients ternes d'un salon de thé, escorté par deux chiens fidèles. Elle s'approcha de sa démarche féline et silencieuse, se mettant volontairement dans le champ de vision des gardes et en écartant légèrement ses paumes ouvertes, pour montrer qu'elle n'avait pas d'intentions belliqueuses. Pas encore. Tout dépendrait de la tournure des événements. Elle prit la chaise en face du conseiller et s'y installa en regardant droit dans les yeux son hypothétique employeur. Les services du meilleure mercenaire féérique de la Cité se méritaient. Et tout ce que lui inspirait pour l'instant cette espèce de ministre forgeant des imbéciles était mêlé du mépris face à l'opulence. Tout ce que portait l'Alfar n'était que de bric et de broc, volé par-ci par-là : coquillages, perles, plumes, anneaux de métal façonnés par son chant. Elle croisa ses longues jambes sous la table, indifférente aux regards teintés de concupiscence des deux chiens de gardes sur son corps mis en valeur avec décontraction et pour une liberté de mouvements optimale. Son oriflamme roux battant son dos et son lourd manteau sombre dissimulant ses ailes d'azur, nul ne pouvait voir ses attributs féériques, ou seulement les deviner, par le renflement sous le mantel ou la pointe d'une oreille effilée qui s'égarait dans les flammes folles. Ses prunelles dorées ne quittait pas son futur client.

Ce fut avec un sourire mutin qu'elle engagea la conversation. Il fallait jouer le jeu. Le Renard aimait jouer avec le feu.

- Bonjour ! Belle journée, n'est-ce pas, mon bon monsieur ?
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" Prenez-moi pour l'instrument que vous voudrez,
vous pourrez bien me froisser,
mais vous ne saurez jamais jouer de moi. "

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Telendis
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MessagePosté le: Mer 13 Avr - 22:16 (2011)    Sujet du message: Les pleurs de la pierre (PV Pyreinth) Répondre en citant

Telendis n'eut aucune réaction en voyant arriver l'alfar mercenaire, contrairement à aux deux humains qui exposaient leur veulerie au grand jour et fixaient l'alfar avec des yeux empreints de désir frustré. L'alashiir, quant à lui, devait bien reconnaître qu'elle possédait une certaine grâce. Toutefois il y a bien longtemps que le charme des femmes n'agissait plus sur lui. Une seule avait su éveiller son coeur et boulverser son corps, et on lui avait ravi. Ainsi le regard qu'il posait sur le Renard était clinique, comme si il examinait une arme à acheter. Il était facile de faire quelques constatations élémentaires. Elle avait manifestement une haute opinion d'elle même, de part sa démarche et son port empreint, de l'avis de Telendis, d'arrogance, une grande fluidité se lisait dans ses mouvements et chaque geste trahissait une grande vivacité. Il était manifeste qu'elle avait des compétences. Pourtant elle était venu seule, et une mercenaire ne risquait pas d'inquiéter le prince déchu si la situation dérapait. Non pas qu'il y ait tant de risques, mais on avait appris à Telendis dès son enfance que parfois, le rat pouvait mordre le lion.

Il fut surpris par ses premiers mots et retint un sourire condescendant. Mon bon monsieur disait elle ? A croire qu'elle parlait à un épicier ou à un boutiquier. Ceci dit, si elle se faisait des illusions sur les véritables capacités de Telendis, celui n'allait certainement pas la détromper de façon volontaire. Tout juste fit il un geste sec en direction de ses deux hommes d'armes qui reculèrent et se mirent quelques dizaines de pas plus loin. Parce que, évidemment, Telendis ne tenait pas à ce que des ruffians comme eux entendent sa conversation, et se souciait peu de leur inutile protection. Ses doigts fins jouant toujours avec la chaîne du médaillon, il répondit de sa voix, grave mais douce comme le miel, à celle, plus flûtée, de l'elfe, sur un ton qui ne laissait paraître aucune émotion et qui était le détachement même.

- Quel insolite canidé que voilà. J'ai beaucoup entendu parler de vous et je suis curieux de savoir si vous serez à la hauteur de votre réputation. Réputation étonnamment prestigieuse pour une mercenaire féérique, alors que généralement les métiers du sang sont l'apanage d'autres races.

Badinage insignifiant, simplement pour voir comment la fée allait réagir. Il ne savait que peu de choses d'elle et n'avait guère le temps de cerner son caractère mais pouvait au moins s'en faire une idée. D'un geste gracieux il mit une main, celle qui ne tripotait pas le médaillon de bronze, sous sa cape et en sortit une bourse de cuir blanc, qu'il déposa lentement sur la table. Il y avait de quoi acheter une petite maison dans le sac, mais Telendis plaçait cette richesse sur la table avec indifférence.

- Voici la somme convenue pour cette rencontre, à laquelle j'ai ajouté un bonus compte tenu de votre venue rapide, fit il d'un ton toujours aussi détaché, vous pouvez compter évidemment.

Il marqua une pause pour lui laisser le temps de compter les pièces, si toutefois elle désirait se conduire de façon aussi discourtoise. Puis il posa le médaillon sur la table, sans toutefois faire signe à la fée de le prendre. Il devina qu'elle était intriguée. S'imaginait elle que c'était un présent pour la séduire ? L'alashiir faillit sourire. L'idée était quelque peu cocasse. Mais il n'allait sûrement pas lui dire immédiatement ce qu'il attendait d'elle. Il savait que les fées étaient des êtres fantasques et qu'il fallait éveiller leur intérêt pour espérer obtenir d'eux un service. Ce qui était d'ailleurs l'autre raison pour laquelle il allait respecter sa promesse d'emmer les fées de la Loge avec lui quand il pénétrerait dans leur monde. Pour la première fois un petit sourire lui vint aux lèvres.

- Je suis assez curieux, vous n'êtes pas obligée de répondre bien sûr, commença t il d'un ton amusé quoique peu chaleureux, mais je me demandais quelles informations vous détenez à mon propos ? Je suis toujours curieux de savoir comment mes collaborateurs potentiels ont pu entendre parler de moi, histoire de dissiper tout malentendu si il y en avait.

Avant toute chose il souhaitait faire comprendre qu'il n'était pas un simple politicien érudit désirant s'engager dans quelque magouille douteuse. Simplement que cette fée si sûre d'elle soit certaine que si elle le trahissait, elle ne s'en tirerait pas avec une pirouette et quelques acrobaties. Non pas qu'il anticipe une trahison mais il valait mieux être paranoïaque. Surtout en ce qui concernait les fées. Oh, Telendis ne méprisait pas les fées, contrairement aux natifs. Si il raisonnait selon la philosophie religieuse de sa race, Faërie devait probablement se trouver dans le Deuxième Cercle des mondes, en somme très proche en terme de valeur, d'Elendis. Mais malgré cette estime, relative, qu'il portait à ces êtres, Telendis s'en méfiait comme la peste. Il les savait prompts aux fourberies et aux trahisons, en particulier quand ils croyaient, à tort ou à raison, avoir affaire à des humains. Aussi convenait il de n'accorder aucune confiance en ce mercenaire, quelque joli minois qu'elle puisse avoir.

Il remarqua qu'un de ses supposés gardes du corps s'était rapproché imperceptiblement et lentement de leur table. Il lui jeta un regard glacial et l'impudent revint à côté de son compère. Hum... était il possible que le seigneur Lovidas, malgré sa vénération affichée pour Telendis, son maître en mysticisme, ait chargé ses gardes du corps d'écouter aux portes, ou, en l'occurrence, aux terrasses ? Il faudrait songer à se débarasser des deux balourds après les avoir fait parler. Ou plutôt... une idée venait à l'alashiir, une idée plus divertissante et plus constructive, pensa t il, reporta son regard, pensif, sur fée qui lui faisait face et qui ouvrait la bouche pour répondre. Tout cela promettait d'être particulièrement intéressant.
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Pyreinth
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MessagePosté le: Jeu 5 Mai - 21:28 (2011)    Sujet du message: Les pleurs de la pierre (PV Pyreinth) Répondre en citant

L'Alfar reconnaissait qu'elle avait affaire à un gros gibier. L'être de lumière, canon de beauté presque féérique, à l'odeur dérangeante car n'éveillant aucun écho, savait maîtriser son petit monde. Il n'avait besoin que peu de mots et de gestes pour forcer le respect. Il était bien charismatique pour un Humain... Ou Visionnaire ? En tout cas, certainement pas un Gobelin. L'être de lumière paraissait venu d'ailleurs. Peut-être avait-il du sang de Fée ? Dans ce cas, jamais il ne le reconnaîtrait.

Pyreinth regarde la bourse, le visage froid et inexpressif. C'était amusant, d'être mercenaire, en fait. Très divertissant. Le ton de Telendis pouvait passer pour être chaleureux mais elle ne se faisait pas d'idées : il pouvait sourire et la mettre à mort en moins d'une seconde. Même si elle n'était pas née en Faërie, Pyreinth pensait pouvoir reconnaître ceux de sa race, de son sang jadis immuable. Elle savait instinctivement les Fées cruelles en amour comme à la guerre, sans pitié mais dénuée de sadisme pur, sauf pour les plus folles et méprisantes d'entre elles. Pas sans âme, non, même si ce concept devait leur être étranger. Non,les Fées était absolues, comme l'hiver implacable ou le tendre printemps. A la fois féroces et aimantes. Complies et manipulatrices. Égoïstes et aveuglées par leurs propres rêves.

Ses iris de crépuscule ambré ne cillèrent pas en croisant l'extraordinaire regard d'azur. Si celui-là avait bien dans sa chair l'empreinte de Faërie, il lui faudrait se méfier de lui plus encore que de la peste. Un être féérique aussi haut placé pouvait devenir un obstacle à sa vengeance, à ses desseins encore flous de grandeur, faire de l'ombre à sa gloire prochaine.

- Merci pour l'argent. C'est pour ma visite de courtoisie ? C'est très aimable. D'ordinaire, vos semblables - ou ceux que vous prétendez vôtres - ne font guère autant de cas d'une créature de mon espèce. C'est tout à votre honneur, de daigner vous pencher sur le sort d'une Fée, quelle miséricorde !

Sa voix s'était faite à peine railleuse et ses traits étaient restés lisses comme de l'eau. Il ne fallait pas flancher, ni montrer ses failles. Chaque mot était une épine amère qu'elle se plantait dans le pied, pour tester sa cuirasse et montrer qu'elle n'avait peur de rien.

- Vous vous nommez Telendis, nom étrange à la sonorité venue d'ailleurs, vous dont le parfum n'a pas d'écho. Vous êtes semble-t-il natif de ce bourbier qu'est Estelam, logeant dans la perle même de la Cité. Vous dirigez une faction dans l'ombre encore mais qui prend de l'ampleur selon la rumeur. On peut vous ignorez dans les Hautes Sphères, parce que vous n'êtes pas noble ou trop audacieux, risquant de s'attirer vos foudres pour tant d'imprudence. Mais dans les Bas Quartiers, où la prudence est mère de sûreté, ça parle, ça s'agite, ça cogite ! Serez-vous ami ou ennemi, je ne saurais le dire mais vous êtes dangereux.


[HRP : Je m'excuse platement du retard ;__;]

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